Mères décorées de la Croix d’argent

La Croix du Souvenir (souvent appelée la Croix d’argent) a été initialement approuvée le 1er décembre 1919. Elle était décernée comme le souvenir de la perte personnelle des mères et des veuves des soldats et marins canadiens morts au champ d'honneur pour leur pays.

Aujourd’hui, chaque année, parmi les nominations faites par les directions provinciales de la Légion et des particuliers, la Légion choisit la Mère nationale de la Croix d’argent pour représenter les mères du Canada à la cérémonie du jour du Souvenir qui se tient le 11 novembre, à Ottawa. Son mandat, qui commence le 1er novembre, est d’une durée d’un an, période durant laquelle elle est appelée à accomplir d’autres fonctions officielles.

 

Mère nationale de la Croix d’argent 2019 – Mme Reine Samson Dawe

Le fils de Mme Reine Samson Dawe, Capitaine Matthew Jonathan Dawe, était le commandant du 8e peloton, Compagnie C du 3e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (3 PPCLI). Sa compagnie faisait partie du groupement tactique du 2 Royal Canadian Regiment (GT 2 RCR) servant à Kandahar, en Afghanistan. Il a été tué au combat en Afghanistan le 4 juillet 2007.

À titre de Mère nationale de la Croix d’argent, Mme Dawe sera appelée, le 11 novembre 2019, au nom de toutes les mères canadiennes qui ont perdu un fils ou une fille lors d’opérations militaires ou dans l’exercice de ses fonctions normales, à déposer une couronne au pied du Monument commémoratif de guerre du Canada. Elle verra aussi au cours de l’année à s’acquitter de d’autres fonctions rendant hommage aux disparus de tous les conflits.

Silver Cross Mother

Biographie

Mme Reine Samson Dawe 

Reine Dawe est née et a grandi dans le village de St-Prosper, situé au sud de la ville de Québec. Diplômée de l’Université Laval en physiothérapie, elle entreprit une carrière qu’elle aima beaucoup, jusqu’à ce qu’elle prenne sa retraite en 2013.

Durant ses études en physiothérapie, elle rencontra celui qui allait devenir son mari, Peter Dawe. Celui-ci est maintenant un lieutenant-colonel à la retraite avec près de 35 ans de service militaire. Le stage en physiothérapie de Reine l’amena premièrement à Halifax, en Nouvelle-Écosse, à l’hôpital militaire du NCSM Stadacona. Elle épousa Peter deux ans plus tard.

Reine devint naturellement membre de la grande famille militaire de son mari. Elle se souvient des moments difficiles et excitants qu’elle a vécus en tant qu’épouse de militaire ; elle a découvert de nouveaux endroits et de nouveaux amis lors de déménagements fréquents au Canada et aux États-Unis. Pendant cette période occupée, Reine et son mari ont aussi élevé quatre garçons actifs.

Peter, Philip, James et Matthew ont tenu Reine bien occupée. À quelques reprises, elle s’est jointe à des comités de parents et a passé de nombreuses heures à encourager ses fils dans des patinoires de hockey et autres installations sportives. Elle a également suivi une formation professionnelle continue et a travaillé dans une série d’établissements médicaux, souvent dans des hôpitaux et des cliniques militaires. Elle s’est toujours efforcée de maintenir un bon équilibre entre les exigences professionnelles et familiales.

Les garçons Dawe ont fait un peu de tout, des sports à la musique, et tous les quatre ont suivi l’exemple de leur père en s’enrôlant dans l’armée. Philip, James et Matthew sont diplômés du Collège militaire royal. L’aîné, Peter, n’a pas fréquenté le Collège, mais a par la suite obtenu deux maîtrises de cet établissement. Peter est maintenant major-général et commandant des forces d’opérations spéciales du Canada. Philip est chirurgien-traumatologue à l’Hôpital général de Vancouver et major responsable du Centre de traumatologie des Forces canadiennes dans cette même ville. James a pris sa retraite en tant que capitaine du PPCLI après avoir servi pendant cinq ans, y compris une affectation en Bosnie. Il vit maintenant à Kingston, en Ontario, et est vice-président, Atlantique Nord, d’une entreprise américaine d’approvisionnement en milieu de travail. Matthew, le plus jeune, a été affecté au 3PPCLI et a servi en Afghanistan où il est décédé dans l’exercice de ses fonctions de commandant de peloton.

Reine demeure une lectrice assidue et se tient au fait des actualités sociales et politiques. En tant que bénévole auprès d’organismes tels que Femmes canadiennes pour les femmes en Afghanistan et la Kingston Symphony Association, elle consacre son temps à des questions qui lui tiennent personnellement à cœur.

En plus de voyager et de jouer au golf, Reine et son mari profitent beaucoup de la vie artistique locale, des concerts, du théâtre et du cinéma. Ils adorent aussi passer du temps avec leurs huit petits-enfants. De plus, 2019 marque le 50e anniversaire de mariage de Reine. Bien qu’ils se sentent très chanceux, Reine affirme qu’ils seront toujours profondément affligés par la perte de leur fils Matthew, un homme enthousiaste au passé glorieux et à l’avenir brillant.

 

Biographie

Le capitaine Matthew Jonathan Dawe

Le capitaine Matthew J. Dawe était le commandant du 8e peloton, Compagnie C du 3e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (3 PPCLI). Sa compagnie faisait partie du groupement tactique du 2 Royal Canadian Regiment (GT 2 RCR) servant à Kandahar, en Afghanistan.

Né le 1er avril 1980, il a été tué au combat en Afghanistan le 4 juillet 2007.

Captain Matthew Jonathan DaweMatthew était le benjamin de quatre garçons. Il a souffert de graves problèmes d’asthme en grandissant, mais il s’en est bien tiré. Très tôt, il a mémorisé les noms et les dosages de ses médicaments, preuve qu’il pouvait s’adapter aux défis de la vie. Se rétablissant rapidement après des problèmes médicaux, il a su garder une attitude sociable et amicale et a pu pratiquer toute une gamme d’activités allant du sport à la musique et au théâtre ; il était particulièrement bon pour imiter sa famille et ses amis.

Son attitude positive l’a suivi partout, y compris au Collège militaire royal de Kingston, en Ontario. C’est là qu’il a obtenu son diplôme en génie civil avec distinction et a été décrit par un professeur comme « un étudiant que tout le monde aimerait avoir ». Il a été nommé commandant de l’escadre des élèves-officiers, le grade de cadet le plus élevé, au cours de sa dernière année. Les cadets subalternes le connaissaient comme un chef compatissant qui se souciait des autres.

Affecté au 3 PPCLI après avoir obtenu son diplôme en 2004, Matthew a reçu le commandement du 8e peloton, ce qui lui a permis de vivre des expériences intéressantes et stimulantes avec ses homologues de l’armée américaine. Il a insisté pour que son rôle dans la préparation de son équipe en vue de son déploiement en Afghanistan se poursuive au-delà de la nomination habituelle de deux ans comme commandant de peloton. Il s’est ensuite rapidement remis d’une rupture du tendon d’Achille et fut prêt à être déployé en quatre mois au lieu d’un an comme l’avait prévu le médecin, ce qui aurait empêché son déploiement. Il était déterminé à être avec ses « gars » et à assumer sa part du danger.

Matthieu a toujours été un exemple positif pour son peloton connu sous le nom de « 1–2 can do » en raison de sa volonté de se porter volontaire pour les missions les plus difficiles. Il a été profondément affecté lorsqu’il a dû identifier et récupérer trois membres du peloton tués par un engin explosif improvisé (IED). Deux semaines plus tard, il participait à une opération visant à neutraliser le fabricant de bombes local soupçonné d’avoir fabriqué cet engin meurtrier. En rentrant de cette mission, son véhicule a été la cible d’une bombe de 250 kilos enterrée dans la route. Il est mort sur le coup, avec cinq soldats canadiens et un interprète afghan. Après sa cérémonie de rapatriement, les membres du peloton de Matthew ont partagé des histoires personnelles sur le leadership positif de leur commandant. 

Le personnage de Matthew Dawe a transcendé sa mort, et il demeure plus grand que nature jusqu’à ce jour. Au Collège militaire royal du Canada, la salle d’étude du département de génie civil porte son nom, de même qu’un prix d’athlétisme interuniversitaire, et une épée décernée chaque année au meilleur cadet des armes de combat. Un immeuble de la base de Kingston, et la filiale no 631 de la Légion de Collins Bay, dans cette même ville, portent également son nom. Enfin, son alma mater, La Salle Secondary, se souvient de lui en décernant un prix annuel pour le leadership et l’esprit de fierté et d’appartenance exceptionnels.

Au-delà de ces honneurs, le plus grand héritage de Matthew est son fils Lucas, dont le deuxième anniversaire a également marqué le jour où son père a été tué. On dit de Lucas qu’il est « bien le fils de son père », rempli de bonne humeur, de détermination et d’athlétisme : un reflet des réussites et du potentiel de son père.

 

 

 

Anciennes récipiendaires

Chaque année, les directions provinciales de la Légion et le public soumettent leurs suggestions de candidates pour nomination au titre de Mère nationale de la Croix d’argent. La liste de candidates est examinée par un comité de sélection de la Direction nationale, suite à quoi une mère est choisie pour l’année débutant le 1er novembre.

Anciennes récipiendaires